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PARTENAIRES
Micro-Crédit Lotbinière

 


Une histoire, son origine

Notre histoire est intimement liée à l'implantation du régime seigneurial. Afin de stimuler l'immigration française, d'assurer le minimum nécessaire aux nouveaux venus, de prévenir une distribution désordonnée du sol et d'amener le plus de colons possible à s'établir en Nouvelle-France, on accorde à des entrepreneurs qu'on appellera des seigneurs, une portion plus ou moins grande de terre. Comme le développement de la Nouvelle-France dépend totalement du fleuve, étant le seul moyen de communication, il importe aux propriétaires terriens d'y avoir accès. Les seigneuries auront donc une façade restreinte sur le fleuve. Le seigneur concèdera donc à des censitaires* les premières terres ayant une façade sur la route d'eau. Elles auront trois (3) arpents de largeur sur trente (30) de profondeur. Le premier rang ainsi concédé, le seigneur établit le deuxième rang et ainsi de suite.


Le plan géométrique du pays se retrouve à l'intérieur de la seigneurie. Le domaine évidemment n'est pas toujours au centre et les terres n'ont pas toujours la même superficie.

Comment, en théorie, se subdivise une seigneurie

*Censitaires: sont les habitants de la seigneurie; désignés sous le nom de censitaires parce qu'ils paient le cens, l'impôt symbolique.

Pour bien comprendre le temps écoulé entre le début de la seigneurie de Lotbinière (1672) et la fondation de la paroisse de Saint-Édouard (1862), il faut connaître les difficultés de développement de la seigneurie. Le régime seigneurial ne favorise pas nécessairement l'immigration. Une population approximative de 3,400 âmes en 1840, c'est-à-dire 168 ans plus tard, démontre bien la lenteur de la colonisation de la seigneurie. De plus, l'absence de voies de pénétration à partir du fleuve, a ralenti le développement de la seigneurie. Un réseau routier déficient et une rivière du Chêne non navigable ne purent remplir le rôle de voies de pénétration. Les débuts de Saint-Édouard devront attendre le milieu du 19e siècle. Ainsi, près de deux (2) siècles s'écoulent entre la concession de la seigneurie et la fondation de Saint-Édouard.

L'année 1672 marque la plus grande étape de progrès de la Nouvelle-France: quarante-six (46) seigneuries sont concédées cette même année, dont la seigneurie de Lotbinière, par l'intendant Jean Talon.

Titre de concessions d'une seigneurie au Sieur de LotbiniÈre

Une seigneurie qui est nôtre

René-Louis Chartier de Lotbinière devient en 1672, le premier seigneur de Lotbinière, territoire correspondant aux limites actuelles de Saint-Louis de Lotbinière. Les agrandissements de 1685, 1686 et 1693 firent tripler l'étendue de la seigneurie. Ce premier seigneur, comme propriétaire terrien et entrepreneur de peuplement, concède les premières terres à l'embouchure de la rivière du Chêne et les terres voisines du Platon. Ainsi, en 1681, seulement onze (11) censitaires sont établis dont huit (8) familles composées de cinquante-cinq (55) personnes formant, en y ajoutant les trois (3) célibataires, une population globale de cinquante-huit (58) âmes. Le nouveau seigneur semblait être peu pressé de s'établir sur sa terre, condition imposée aux titulaires de seigneurie. Ce ne sera qu'aux alentours de 1830 que la seigneurie de Lotbinière verra son seigneur s'établir sur ses terres.

FORMATION DE LA SEIGNEURIE DE LOTBINIERE

En 1709, Louis-Eustache Chartier devient le deuxième seigneur de Lotbinière. L'année 1723 améliorera le sort des censitaires par le premier chemin verbalisé de la seigneurie. De plus, l'acte d'aveu et de dénombrement de 1724 révèle qu'il y avait déjà un commencement de colonisation dans l'arrière-pays.

Selon les dires du Seigneur, il y aurait eu sur son domaine une église et un presbytère, une maison de colombages, une étable et un "moulin à eau faisant farine". Le nombre de censitaires s'élève à cinquante et un (51).

De son temps, un événement remarquable se passe. Devenu veuf en avril 1723, Monsieur de Lotbinière décida d'embrasser l'état ecclésiastique dans les années qui suivirent. On le retrouvera donc prêtre, doyen de l'église cathédrale et conseiller au Conseil Supérieur de Québec.

é sa mort en 1749, son fils Michel deviendra seigneur de Lotbinière.

Eustache-Gaspard-Alain Chartier de Lotbinière deviendra le quatrième seigneur en 1770 et sera celui qui déploiera le plus d'efforts au développement de sa seigneurie. Il vient en personne visiter son domaine, chose rare du temps de ses prédécesseurs. Notons que ce seigneur avait une résidence secondaire à Montréal et habitait à Vaudreuil puisqu'il avait acheté de son père l'ensemble des seigneuries (Vaudreuil, Rigaud-Vaudreuil (Beauce), Beauharnois) que ce dernier avait acquis lors de son séjour en France.

Tout comme les premiers seigneurs qui n'habitèrent jamais la seigneurie de Lotbinière, mais plutôt Québec, EustacheGaspard-Alain Chartier de Lotbinière, de passage à sa seigneurie, logeait habituellement chez son chargé d'affaires.

Selon les dires du Seigneur, vers 1814, il y avait à peu près cinq cent quatre-vingt (580) terres dont quatre cent cinq (405) en bonnes cultures. La population de cet endroit peut être de 1,750 hommes et 1,650 femmes pour un total de 3,400 âmes... Il ajoute qu'il y a six (6) moulins à scie appartenant à des particuliers et six (6) "potasses". En 1817, le moulin à farine du Portage verra le jour et déjà à cette époque, il y avait fabrication à grande échelle de produits de l'érable. Sous ce règne, arriveront des colons qui commenceront le défrichement entre autres des rangs St-Charles et Rivière Bois Clair.

Ce quatrième seigneur meurt en 1822 et sa fille Julie Christine héritera de la seigneurie de Lotbinière.

Julie-Christine Chartier de Lotbinière (19 ans) épouse en 1828, un Suisse, Pierre-Gustave Joly. C'est au cours d'un voyage au Canada, pour des raisons commerciales, qu'il noue des relations amicales avec la famille Chartier de Lotbinière. PierreGustave Joly sera l'administrateur de la seigneurie et JulieChristine, la Seigneuresse. Ce sera le premier couple seigneurial à demeurer sur la seigneurie. Après avoir habité quelques années la maison d'un de ses censitaires, il fera construire en 1840, le manoir de la Pointe-Platon sur un terrain acquis des Dames Ursulines.

L'abbé Édouard Faucher, alors curé de Lotbinière, nous apprend dans son rapport annuel de 1854, que Lotbinière contenait 3,375 âmes, soit quatre cent soixante-dix (470) familles 2,144 communiants et il ajoute qu'il y avait quinze (15) écoles fréquentées par quatre cent cinquante-huit (458) élèves.

Sur la seigneurie pendant cette période, un moulin à scie est construit à l'embouchure de la rivière du Chêne (Ste-Emmélie), une fonderie verra le jour, ainsi qu'une compagnie de bateaux à vapeur.

Julie-Christine seigneuresse de Lotbinière décède en 1887 à l'âge de 77 ans.

En 1860, Henri-Gustave Joly devient propriétaire de toutes les seigneuries. À partir de 1861, ce sixième seigneur entreprend une carrière politique qui se terminera en 1906. Sa tâche seigneuriale se trouvait de beaucoup diminuée depuis 1854 avec l'abolition de la tenure seigneuriale. Par cette abolition, la famille Joly bénéficia ainsi de la propriété de toutes les terres non concédées et d'une rente annuelle payable par le trésor de la Province.

En 1862, la paroisse Saint-Louis de Lotbinière donne naissance à deux (2) nouvelles paroisses: Saint-Edouard et SainteEmmélie de Leclercville. D'après le recensement fait par le gouvernement provincial en 1871, la population atteignait 4,447 ames reparties comme suit:

Saint-Louis de Lotbinière 2,129 âmes
Saint-Édouard 1,197 âmes
Sainte-Émmélie de Leclercville 1,131 âmes

Henri-Gustave Joly, après le décès de sa mère Julie Christine, dernière représentante de la famille Chartier de Lotbinière fera une demande auprès du gouvernement pour l'autoriser à joindre le titre de Lotbinière au nom familial de Joly.

Grâce à lui, aujourd'hui encore, nous parlons de la Seigneurie Joly de Lotbinière. Il décède en 1907 à l'âge de 79 ans.

Edmond-Gustave Joly de Lotbinière lui succède en 1908. Avec lui débute une nouvelle activité économique sur son domaine, celle de la mise en valeur de la forêt créée par le besoin de bois de construction et de traverses de chemin de fer.

Une indisposition subite l'enlève à l'affection de sa famille et de ses censitaires en 1911 à l'âge de 52 ans au manoir de la Pointe Platon. Il était seigneur de Lotbinière depuis trois (3) ans seulement.

En 1911, un nouveau seigneur, Alain Joly de Lotbinière. Ce dernier continue l'exploitation forestière sur le domaine seigneurial. C'est ainsi que naîtra Saint-Janvier-de-Joly et Saint-Edmond de Val-Alain .